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Chapitre III. POSTURES
ET IMPOSTURES GÉNOCIDAIRES

J'ai appris qu'en France, il existerait une Loi qui qualifie l'esclavage comme étant un « crime contre l'humanité ». Je me permets d'informer ceux ou celles qui ont été à l'origine de cette Loi que les génocides aussi, en particulier les génocides de proximité, sont des « crimes contre l'humanité ». Apparemment, ces crimes ne seraient pas encore reconnus comme tels en France.

Compte tenu des faits que nous avons exposés jusqu'ici, tout lecteur de la présente réflexion pourrait distinguer sans difficulté les différents niveaux de l'imposture criminelle que nous dénonçons. Cela pour qu'il y ait enfin un véritable « Jugement de l'Histoire » là où il y a absence d'une Justice humaine équitable.

Au sujet des crimes génocidaires de 1994 au Rwanda et, dans la commission des crimes actuels dont nous sommes victimes, les termes « posture » et « imposture » sont inséparables dans nos observations : là où un observateur lambda constaterait de l'« imposture », le malfaiteur lui se vante de « posture » !

En effet, lorsque nos bourreaux s'expriment, pour dénier les faits criminels qui leurs sont reprochés, ils avancent le paravent moral de « posture » ! Dans une certaine mesure, ils se vantent même d'avoir été des « héros » ou d'être des « héros » actuels méconnus ! Prenons le cas des événements du génocide au Rwanda de 1994 : certains protagonistes de cette tragédie n'hésitent pas à revendiquer la reconnaissance de leur « courage », de leur « action » là où personne d'autre n'aurait accepté d'intervenir !

C'est aussi le cas des auteurs d'actes criminels actuels dont nous sommes victimes : « Je suis professionnel, je suis chrétien, je suis surveillant dans une école catholique, (...) », a déclaré la personne qui prononce régulièrement des discours d'appel à la haine publiquement ! Je citerais aussi des tribunaux qui, ayant dénié mes droits en faisant fi de toutes les preuves matérielles à l'appui de ma défense, n'hésitent pas à prononcer des jugements selon lesquels je serais obligé de payer de l'argent à mes bourreaux. Autrement dit, en France, les victimes d'infractions pénales – s'ils sont Rwandais – doivent payer une rançon à leurs bourreaux ! C'est aussi ce qui s'est passé au Rwanda en 1994 : certaines victimes étaient obligées de payer les frais des balles avec lesquelles on allait les achever – cela constituait l'alternative à la machette ! ; d'autres, surtout des femmes, devaient accepter de coucher avec leurs bourreaux pour ne pas se faire tuer. Comme cette expérience a été apparemment une « grande réussite », en France aussi, on ne change pas une méthode qui gagne ! Comme je l'ai déjà évoqué, un tribunal est allé plus loin et a exigé une « expertise psychologique » pour déterminer dans quelle mesure ma personnalité et mes origines auraient influencé mes bourreaux dans la commission des actes dont j'ai été victime !


1. Le génocide au Rwanda :
Les différents niveaux d'imposture


Premièrement, pendant le génocide au Rwanda de 1994, nous pouvons relever un certain degré d'imposture coloniale – ou d'impérialisme multinational : celle-ci concerne non seulement le rôle de l'ancienne puissance coloniale au Rwanda, la Belgique, mais aussi, le rôle des Nations-Unies pendant la période du génocide en question. Rappelons qu'au début des années 60, ces mêmes acteurs étrangers furent mêlés à des violences collectives au Rwanda.

Au début de la guerre civile en 1990, la Belgique avait refusé d'intervenir au Rwanda. Finalement, c'est la France et le Zaïre qui s'étaient interposés pour stopper la rébellion du Front Patriotique Rwandais qui attaquait le Rwanda à partir de l'Ouganda. Lors des négociations d'Arusha en Tanzanie, la Belgique a fait valoir son statut d'ancienne puissance coloniale et a proposé de participer à la Mission des Nations-Unies au Rwanda pour le maintien de la paix. Malheureusement, le comportement de certains Casques Bleus belges au Rwanda ressemblait plus à une opération de « reconquête » coloniale qu'à une mission neutre de pacification ! C'est dans ce contexte que certains responsables des milices proches du pouvoir furent régulièrement arrêtés, tabassés et publiquement humiliés par des Casques Bleus belges à Kigali. Isolé diplomatiquement, J. Habyarimana aurait tout fait pour éviter les représailles de la population contre ces Casques Bleus. Après le 06 avril 1994, le même climat de méfiance entre les responsables Hutu et la mission onusienne a été ravivé par l'assassinat des Casques Bleus belges, le 07 avril 1994. Tout cela a entraîné des conséquences historiques que l'on connaît :

Humilier, mépriser, disqualifier, rejeter et tourner le dos à la masse populaire et à ses dirigeants, ce fut une erreur fatale de la part des représentants de la communauté internationale à Kigali. Et cette erreur historique allait condamner tous ceux qui étaient considérés idéologiquement comme étant le groupe social « préféré » des Blancs !

Certes, la « non coopération » avec les leaders Hutu au Rwanda – de la part de la communauté internationale – n'excuse pas la commission des crimes génocidaires. Cependant, il n'y avait pas besoin d'être « diplomate » pour comprendre que tout un peuple ne pouvait pas accepter d'être humilié et chassé de ses terres sans réagir.

Deuxièmement, conformément aux différents témoignages que nous avons cités concernant les événements du 06 au 07 avril 1994, il appert qu'il existe une véritable « imposture » de la part des leaders Hutu de l'époque : étant donné qu'ils avaient des éléments suffisants pour écarter, du moins provisoirement, l'implication immédiate du Front Patriotique Rwandais dans l'attentat du 06 avril 1994, il n'est pas compréhensible qu'ils aient laissé circuler des rumeurs qui ont entraîné la population civile au passage à l'acte pour venger la mort du feu président J. Habyarimana.

Sur ce sujet, les différents témoignages sont formels : dans les deux premiers jours du génocide au Rwanda en 1994, aucun haut-responsable politique Hutu n'aurait ouvertement accusé le Front Patriotique Rwandais d'avoir abattu l'avion présidentiel le 06 avril 1994. Compte tenu de l'importance de la radio au Rwanda, j'ai essayé de savoir s'il y aurait eu un communiqué ou une autre déclaration quelconque à la radio, de la part d'un dirigeant politique, pour indiquer à la population l'identité des auteurs de l'attentat contre l'avion présidentiel. A ma grande surprise, selon les témoins que j'ai interrogés, aucune déclaration officielle n'aurait désigné publiquement le Front Patriotique Rwandais comme étant l'auteur dudit attentat. Un témoin a tenu à préciser :

«  Toute la soirée du 06 avril 1994, nous n'avons rien su concernant l'attentat contre l'avion présidentiel et la mort de J. Habyarimana. Le 07 avril 1994, vers 04h30 du matin, c'est une radio étrangère qui a émis l'hypothèse selon laquelle le Front Patriotique Rwandais serait l'auteur de l'attentat. Par la suite, la RTLM [« Radio Télévision des Mille Collines »] a relayé cette rumeur mais sans donner des détails. A 5h00 du matin, à l'ouverture des émissions radiophoniques de la Radio Rwanda [la radio officielle de l'État Rwandais], il y a eu un communiqué officiel qui disait que des « ennemis » avaient abattu l'avion du président et que celui-ci avait été tué ainsi que tous ceux qui l'accompagnaient. Mais, le communiqué n'indiquait pas qui étaient ces « ennemis ». Jusqu'au jour où nous avons quitté le Rwanda, au début du mois de juillet 1994, je n'ai jamais entendu des dirigeants accuser officiellement et publiquement le Front Patriotique Rwandais. Cette rumeur circulait, mais, personne ne peut désigner la source avec certitude ».

Par conséquent, nous avons affaire à une véritable « imposture » génocidaire : les leaders Hutu ont laissé circuler une rumeur meurtrière alors que, c'est mon point de vue, la vérité – même sous forme d'hypothèse – sur l'identité d'éventuels « suspects » aurait permis de calmer la colère de population et ainsi de stabiliser le pays. En d'autres mots, le pouvoir s'est servi de l'imposture du silence pour profiter de la mobilisation populaire dans la commission du génocide. Un point c'est tout.

Enfin, il existe une « imposture » génocidaire indiscutable de la part du Front Patriotique Rwandais est ses soutiens extérieurs : comment peut-on expliquer le refus de ce mouvement armé de négocier avec le Gouvernement Intérimaire afin de mettre en pratiques les Accords d'Arusha ? Or, cela aurait permis d'arrêter les massacres génocidaires dans tout le pays. Pour aller un peu plus loin sur cette question, examinons maintenant la question des « contacts » historiques que le Front Patriotique Rwandais a entretenus avec la France pendant la période du génocide au Rwanda en 1994.


2. France - FPR :
Pacte diplomatique ou pacte de sang ?


Nous retrouvons ici le « double jeu » de la France, double jeu qui avait été observé au début de la guerre civile au Rwanda en 1990 : d'un côté, un soutien militaire en faveur d'un camp et, en même temps, un soutien diplomatique pour l'autre camp !

Pendant la période du génocide au Rwanda, alors qu'un groupe de soldats français faisait le « grand nettoyage » sous les ordres du Gouvernement Intérimaire, la France envoya en même temps un « émissaire spécial » pour soutenir ouvertement P. Kagame et son Front Patriotique Rwandais ! Ce mouvement de rébellion avait repris les armes juste après l'attentat du 06 avril 1994.

Comme je l'ai déjà indiqué, tout récemment en avril 2014, celui qui fut l'« émissaire » de la France pendant la période du génocide au Rwanda a témoigné, lors d'une émission de Radio France Internationale : c'était la veille de la commémoration du 20ème anniversaire du génocide au Rwanda.

A ma grande surprise, au fur et à mesure que le journaliste et d'autres intervenants lui posaient des questions, par ses différentes réponses, ledit « émissaire » confirmait les différents témoignages que j'ai pu recueillir auprès de certains anciens dirigeants rwandais qui étaient au pouvoir pendant la période du génocide de 1994 au Rwanda :

En effet, celui qui fut l'« émissaire spécial » de la France pendant le génocide au Rwanda a confirmé, lors de l'émission radiodiffusée ci-dessus citée, les points suivants :

- Il aurait été envoyé au Rwanda pour essayer de trouver d'urgence une solution politique par le dialogue afin d'arrêter les massacres ;

- Selon ses propos, les responsables de la Mission de l'ONU au Rwanda [MINUAR] étaient dans l'incapacité de gérer la situation : il a même utilisé, à plusieurs reprise, les termes d'« état psychologique » pour expliquer la situation dans laquelle se trouvaient certains responsables militaires de la MINUAR : selon cet ancien « émissaire » de la France, leur « état psychologique » ne leur permettait pas d'intervenir efficacement pour arrêter les massacres ;

- Selon ledit « émissaire », P. Kagame, alors chef de la rébellion du Front Patriotique Rwandais, lui aurait confié la mission d'évacuer des enfants Tutsi qui se trouvaient dans un orphelinat dans la ville de Kigali pour les mettre à l'abri dans la zone qui était sous le contrôle de P. Kagame et sa rébellion. Selon le contenu de son témoignage, de par cette mission, il aurait été très « courageux » pour réussir là où les Casques Bleus avaient échoué ! Il a même décrit certaines situations difficiles qu'il aurait eu à gérer sur des barrières tenues par de jeunes miliciens.

L'émission a été très longue, il y aurait plusieurs points à retenir. Mais, pour le moment, je voudrais m'arrêter sur les points ci-dessus énumérés et leurs conséquences :

Premièrement, l'« émissaire spécial » de la France ci-dessus cité a avoué avoir pris parti pour un camp et contre un autre, au sujet du conflit politique et militaire à l'origine du génocide lui-même :

Compte tenu de la situation, comment un diplomate pouvait-il ignorer les conséquences de son implication directe aux côtés du Front Patriotique Rwandais ? Certes, les massacres étaient déjà généralisés presque dans tout le pays. Cependant, comme je l'ai déjà indiqué maintes fois, certains responsables militaires et politiques avaient réussi à protéger les populations civiles. Aux différents exemples que j'ai déjà cités, j'ajouterais le cas de l'évêché de Kabgayi : selon les témoignages récents que j'ai pu recueillir, jusqu'à la date de l'assassinat des trois évêques et les prêtres qui étaient en leur compagnie (début juin 1994), il y avait environ 5 00 000 déplacés et rescapés du génocide sous la protection des évêques.

Par ailleurs, au moment où cet « émissaire spécial » de la France faisait sa tournée à Kigali, le Front Patriotique Rwandais de
P. Kagame massacrait aussi les population civiles : au nord-est et à l'est du Rwanda, mais aussi dans la zone sous son contrôle dans les environs de Kigali. Pour cela, choisir un camp contre un autre, c'était comme si l'on devait choisir entre la peste et le choléra ! Entre ces deux maux, je me demande lequel cet « émissaire » de la France aurait véritablement choisi !

D'autre part, en prenant ouvertement position pour le Front Patriotique Rwandais, l'« émissaire spécial » de la France – ainsi que les forces onusiennes d'ailleurs – a exposé plusieurs civiles à la colère de leurs voisins :

Depuis l'époque coloniale, des théories fantaisistes de certains anthropologues occidentaux considéraient que les Tutsi seraient des « Blancs à peau noire » qui auraient réussi à dominer des « Grands enfants » Hutu. Quant à la troisième classe sociale au Rwanda, des Twa, eux étaient tout simplement relégués au rang des « sauvages » avec un terme spécial de « Pygmoïdes » !

Par conséquent, en affichant une préférence même circonstancielle auprès d'une rébellion désignée de « Tutsi », certains Occidentaux ont tout simplement condamné tous ceux qui étaient considérés comme étant des « préférés » des Blancs !

Dans ce contexte, la mission d'évacuer des enfants Tutsi vers la zone contrôlée par le Front Patriotique Rwandais aurait pu être considérée comme une « trahison », comme une préférence ethnique, comme une « coalition » entre « Blancs » venus d'Europe et « Blancs à peau noire » représentés par le Front Patriotique Rwandais.

Une autre remarque s'impose : dans la ville de Kigali même, les Hutu n'étaient pas les seuls responsables du chaos, et encore moins de la guerre civile et des massacres. Depuis le soir du 06 avril 1994, des combats intenses opposaient l'armée régulière aux troupes du Front Patriotique Rwandais et aux Casques Bleus de l'ONU. Pour cela, évacuer des enfants Tutsi alors que des enfants Hutu étaient eux aussi sous la menace des bombes et des roquettes de Katioucha, ce n'était pas nécessairement une décision de nature « diplomatique » !

Après tout, si les voisins Hutu de l'orphelinat en question avaient décidé de massacrer ces enfants Tutsi, qui pouvait les empêcher de le faire ? Ce « héros » venu d'Europe ? Puis, si cet « émissaire spécial » de la France a réussi à sauver héroïquement une dizaine d'enfants – selon son témoignage, pourquoi n'a-t-il pas fait le tour du Rwanda pour « sauver » tous ceux qui étaient sous la menace de la machette ?

Historiquement, les vrais « héros » du génocide au Rwanda, ce sont des voisins, des amis et des parents des rescapés qui ont pris le risque de protéger telle ou telle famille, telle ou telle personne : en faisant cela, ils risquaient leur vie et mettaient en danger celle des leurs. Tout le reste, comme le résume bien l'expression populaire, « c'est du cinéma » !

Venons-en maintenant à la question du « pacte » que le Front Patriotique Rwandais aurait conclu avec la France :

Les différents témoins sont formels : le Gouvernement Intérimaire demandait l'arrêt des attaques du Front Patriotique Rwandais et la reprise des négociations pour mettre en pratique les Accords d'Arusha – Accords de Paix qui avaient été signés en août 1993.

Or, après s'être entretenu à plusieurs reprises avec P. Kagame et les représentants de la communauté internationale, l'« émissaire spécial » de la France aurait préféré ne pas prendre en compte les revendications et les propositions des dirigeants Hutu. Au contraire, comme me l'a confié un des dirigeants rwandais de l'époque, toutes ces tractations auraient tout simplement servi à « gagner du temps » afin que les troupes du Front Patriotique Rwandais puissent s'organiser et encercler la capitale rwandaise !

La médiation du président Mobutu ayant été écartée, l'embargo sur les armes ayant été renforcé – uniquement contre le Gouvernement Intérimaire, le Front Patriotique Rwandais aurait reçu des renforts et des minutions à partir des pays voisins. Sur ce point, certains Rwandais qui se réfugiaient dans les pays limitrophes m'ont confirmé avoir croisé des « guérilleros » en train de traverser la frontière du Rwanda pour se rendre dans la zone qui était occupée par le Front Patriotique Rwandai. Puis, dans la ville de Kigali, vers la fin du génocide, plusieurs témoins – dont des étrangers – affirment que des guérilleros étrangers tombaient régulièrement sur le champ de bataille.

Tout récemment, un observateur étranger qui était présent au Rwanda en 1994 a résumé la situation en ces termes :

« Au lieu d'écouter toutes les parties, l'émissaire spécial de la France et son pays se sont précipités à New-York [auprès des Nations-Unies] pour exiger que les massacres qui étaient en cours au Rwanda soient qualifiés de « génocide » ! Cette initiative a surpris tout le monde. Car, même si nous étions tous d'accords sur la qualification des crimes, il fallait néanmoins attendre le retour de la paix pour poursuivre les coupables en Justice. L'urgence, c'était l'arrêt des massacres. Or, cela était impossible sans l'implication directe du Gouvernement Intérimaire et des chefs de l'armée régulière »31.

Conclusion : pour la communauté internationale et surtout pour la France, les Accords d'Arusha sont « morts » avec J. Habyarimana dans l'attentat du 06 avril 1994 ! Dès cet événement tragique, le seul interlocuteur de la communauté internationale, c'était P. Kagame.


Imposture médiatique


Depuis 1994, les média internationaux se sont alignés sur le positionnement diplomatique au sujet des circonstances de la survenue du génocide au Rwanda. Pour cette raison, il n'y a quasiment pas eu d'évolution en ce qui concerne les informations sur les différentes responsabilités des protagonistes de la guerre civile au Rwanda en 1994 : officiellement, jusqu'à ce jour, seuls les dirigeants du Gouvernement Intérimaire et de l'armée régulière de l'époque seraient responsables de la survenue du génocide au Rwanda !

Cette forme de « connivence » entre diplomatie et média, au sujet du génocide au Rwanda, remonte de la nuit du 06 au 07 avril 1994 : lors de mes enquêtes de recherche, j'ai appris que depuis cette même nuit et dans les jours qui ont suivi, plusieurs journalistes des média internationaux s'étaient regroupés à l'Hôtel des Diplomates à Kigali. À l'époque, cet hôtel était situé à moins de 200 mètres du Camp Kigali où se trouvait l'État-Major de l'Armée Rwandaise. Or, c'est dans ce camp militaire que semble s'être joué l'avenir du Rwanda dans la nuit du 06 au 07 avril 1994.

D'autre part, les premiers contacts « diplomatiques » auraient eu lieu dans ce même Hôtel des Diplomates juste après l'attentat contre l'avion présidentiel le soir du 06 avril 1994. C'est lendemain, suite au bombardements massifs à l'arme lourde qui visaient le Camp Kigali, que les contacts diplomatiques auraient été délocalisés vers une ambassade occidentale à Kigali.

Curieusement, malgré la présence de la presse internationale sur les lieux, ce qui se passait dans cet Hôtel des Diplomates et tout autour du Camp Kigali est resté secret ! Certains journalistes auraient réalisé des vidéos de différentes scènes de combats. Mais, où sont-ils passés ces documents audio-visuels concernant les combats à Kigali dès la nuit du 06 au 07 avril 1994 ? La seule information qui a fait le tour du monde – information qui aurait été diffusée à partir du même Hôtel des Diplomates –, c'est l'information selon laquelle le Front Patriotique Rwandais serait l'auteur de l'attentat contre l'avion présidentiel le 06 avril 1994 !


Guerre sémantique et imposture scientifique


Il existe une « guerre sémantique » depuis 1994 : ce n'est plus le « génocide au Rwanda », c'est devenu le « génocide rwandais » ! Certains média mènent une guerre de communication pour que l'opinion publique continue de croire qu'aucun étranger n'aurait participé aux massacres génocidaires au Rwanda en 1994.

De plus, l'imposture médiatique est accompagnée par une certaine « imposture scientifique » : certains « spécialistes » du Rwanda n'ont pas hésité à affirmer publiquement que l'avion présidentiel qui a été abattu le 06 avril 1994 au Rwanda n'avait pas de boîtes noires ! Je confesse mon ignorance en matière d'aviation. Cependant, c'est la première fois que j'ai entendu cette histoire d'avions de transport aérien qui n'auraient pas de boîtes noires !


3. L'imposture relative aux crimes actuels


Dans la 3ème partie de la présente réflexion, j'ai présenté en détails les faits relatifs aux crimes actuels dont nous sommes victimes. Comme je l'ai régulièrement rappelé, cette chasse à l'homme actuelle est directement liée aux crimes génocidaires dont le peuple rwandais est victime depuis 1994.

Néanmoins, les crimes actuels auraient une certaine spécificité : ce ne sont plus les petits exécutants qui massacrent les civils avec la machette, ce sont plutôt des élites – y compris des professionnels de la Justice – qui se chargent de pourchasser les Rwandais au moyen d'attaques multiformes. Voici un rappel d'exemples qui illustrent la situation :

  • Devant le Tribunal d'Instance de Paris 11ème Arrondissement, j'ai demandé au Juge d'interroger Me Jules pour savoir pourquoi il figure à la première page du Jugement qui a été rendu par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre alors qu'il n'avait plus la charge du dossier. Puis, j'ai voulu savoir pourquoi le tribunal m'a condamné parce que je n'aurais présenté aucune preuve à l'appui de mes arguments alors que Me Jules prétendait avoir remis au tribunal ses conclusions et le dossier de preuves. Voici les réponses de Me Jules, le 08 avril 2014, devant le Tribunal d'Instance de Paris 11ème Arrondissement. Je cite :

« J'avais remis l'intégralité du dossier à mon confrère Bernard. (…) Je n'y étais pas, ils ont tous simplement ajouté mon nom (…) ». Puis, il s'est rapproché du Juge pour ajouter : « Quant à la non-constitution de mon confrère Bernard, c'est pour moi un trou noir. (…) Me Bernard ou son remplaçant auraient du se constituer pour défendre Monsieur SEBUNUMA ». En ce qui concerne la question des conclusions, Me Jules a répondu : « Mes conclusions sont impeccables, il n'y a rien à redire. Seulement, elles ont été écartées lors du Jugement par lequel Monsieur SEBUNUMA a été condamné ».

Ayant fait appel dudit Jugement parodique, la même escroquerie s'est reproduite auprès de la Cour d'Appel de Versailles !

- Comme je l'ai exposé dans la 3ème partie de cette réflexion, différents « officiers du Ministère Public » inventent régulièrement des dossiers judiciaires et, à partir des faits imaginaires, me condamnent sans aucun procès contradictoire à payer des frais d'amandes ! Je ne savais pas que de telles affaires judiciaires pouvaient exister au « pays des Droits de l'Homme » !

- Au sujet des attaques à mains armées dont je suis régulièrement victime à mon domicile, il existe une preuve matérielle qui démontre que les huissiers de Justice sont directement complices de la campagne criminelle dirigée contre ma personne :

Lors de la dernière attaque du 04 décembre 2014, l'huissier de Justice qui était à la tête du commando a fait comme s'il ignorait la nature de l'escroquerie qui entoure les Jugements dont il se sert pour m'attaquer. Dans ces jugements qui ont été rendus, mes adversaires et la Justice affirment que le véhicule à l'origine du litige commercial appartiendrait à mes adversaires. Pourtant, à ce jour, ni la Justice, ni mes adversaires et leurs huissiers n'ont jamais demandé à saisir ledit véhicule !


Information complémentaire aux futurs lecteurs de cet ouvrage


Compte tenu de la situation, dans l'attente d'une décision définitive de la Justice, j'ai remis le véhicule à l'origine du litige commercial au Parquet Général de Versailles. Lors de cette remise, ledit véhicule était dans l'état quasi neuf : je ne l'ai plus utilisé depuis le début du litige en 2007. Pour cela, étant donné que la dernière décision judiciaire a été prise par la Cour d'Appel de Versailles – dont fait partie le Parquet Général, pourquoi la Justice, mes adversaires et leurs huissiers n'ont jamais demandé à récupérer le véhicule ? La réponse à cette question est simple : la cible, c'est ma personne. Le litige commercial n'est qu'un alibi criminel.

  • Enfin, même si les exemples sont nombreux, l'imposture ultime aura été l'imitation de ma signature : je ne pensais pas que dans un pays riche et « civilisé » l'on pouvait fabriquer des faux documents, en imitant ma signature, tout simplement pour nuire à ma personne ! Tout cela avec la bénédiction de la Justice.

31 Comme je l'ai indiqué dans mon dernier ouvrage « Essai sur l'autosuggestion » (2014), pendant la guerre du Biafra au Nigeria, certaines puissances occidentales auraient utilisé le mot « génocide » hâtivement pour isoler et renverser le gouvernement fédéral de Lagos. Mais les intérêts économiques ont empêché de commettre cette erreur diplomatique.


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Déogratias SEBUNUMA
Psychologue clinicien - Auteur

Titulaire du Doctorat de
 
«Recherche en psychopathologie
fondamentale et psychanalyse
»

Psychopathologie
Descriptive II


Synthèse

Commander

Le Jugement
de l'Histoire


Synthèse

Commander

Le génocide
au Rwanda


Synthèse

Commander

Essai sur
l'autosuggestion


Synthèse

Commander

Psychopathologie descriptive I
Essais
sur les violences collectives

Synthèse

Commander

Communautarisme
et autochtonie –
Du cas du Rwanda
à l'universel

Synthèse

Commander

Rwanda :
crimes d'honneur
et influences régionales

Synthèse

Commander

Rwanda :
crise identitaire
et violence collective

Synthèse

Commander

La compulsion
de répétition
dans les violences collectives

Synthèse

Commander

La compulsion
de répétition
dans les violences collectives

Rwanda :
crise identitaire
et violence collective
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