ÉDITIONS UMUSOZO
Home Courrier Umusozo Livres e-books Recherche Commandes Livres d'occasion Contact
 RÉFLEXION DE SYNTHÈSE


« L'histoire, écrit l'historien P. Nora, est une mémoire construite à partir des archives constituées pour en faire un récit. L'historien « débusque les inerties de la mémoire, les illusions qu'une société a besoin de maintenir sur elle-même pour se maintenir et se perpétuer ». (1977, p. 231). Son rôle est profondément différent selon les situations historiques : il travaille tantôt à la récupération du passé (dans le tiers monde colonisé), ou à dénoncer de manière militante, la « mémoire assassinée »18, comme c'est le cas dans les situations totalitaires, ou à établir un discours sur les origines (U.S.A.), ou encore à travailler la mémoire de la mémoire (tendance de l'historiographie en Europe).

L'entreprise de l'historien est, de ce point de vue, assez parallèle à celle de la psychanalyse : libération du passé par l'exercice actif de la mémoire (J.B. Pontalis, 1977a, p. 232). Pour l'un et pour l'autre, il s'agit de rendre possible que se révèlent des ruptures et des ratures, que se ratissent des continuités reconstruites et une « vérité » accessible. Par là, l'un et l'autre nous ramènent au commencement des choses, à l'origine : parce qu'il y a un manque à se représenter, un manque à vivre, à comprendre et à savoir. Le travail de l'histoire est un travail sur la rupture dans le cours des événements, sur lacune. C'est un travail de construction et de reconstruction qui opère une mise en mot, une mise en ordre, une mise en sens, pour soi-même et pour un tiers »19.


Chapitre I. CRIMES ET GÉNOCIDES DE PROXIMITÉ


Si les Nazis ont créé les « chambres à gaz » y pour commettre des crimes génocidaires à l'abri des regards, les génocides de proximité constituent une « marque déposée » et un savoir-faire de certains stratèges français !

Véritable « Terreur » héritée de la Révolution Française, les génocides de proximité consistent à commettre des crimes de masse sous le couvert de l'anonymat, au sein d'une foule et en faisant usage de tous les moyens directs et/ou indirects pour tuer en silence. Le schéma suivi est celui d'une « guerre psychologique » de harcèlement, de diffamation, de dénigrement et d'intimidation. Afin de mobiliser la masse à ces fins criminelles, divers moyens matériels et humains sont utilisés : faux documents, faux témoignages, appui sur des professionnels de la société civile « hors de tout soupçon » pour convaincre les sceptiques, etc. Dans les « pièces à conviction » que j'ai présentées dans la partie précédente, mes bourreaux s'appuient essentiellement sur les professionnels de la Justice.


L'exemple de la survenue du génocide au Rwanda


Avant et pendant le génocide au Rwanda, de multiples campagnes de manipulation et d'intoxication des populations civiles ont eu lieu. Plus particulièrement, pendant le génocide, des faux documents circulaient pour « informer » le public du danger des « ennemis infiltrés » : des amis, des parents proches, des voisins, bref des hommes et des femmes sans histoire sont devenus, du jour au lendemain, des « partisans » et des « ennemis infiltrés » du Front Patriotique Rwandais !

Mais, le jeu criminel s'est retourné contre les génocidaires eux-mêmes : pour les inciter à fuir, ceux qui les « conseillaient » auraient produit de prétendues « preuves » du danger imminent ! Ainsi, il fallait fuir, il fallait se réfugier à l'étranger. A partir de fausses « cartes » et de fantaisistes « photos » qui auraient été prises par des « satellites », des responsables politiques ont décidé de fuir le Rwanda, avec toute la population, parce que le « danger » était imminent ! Certains officiers courageux de l'armée régulière auraient essayé de dissuader ceux qui voulaient fuir le Rwanda, en vain !

Dès que ces responsables politiques et militaires rwandais sont arrivés à l'étranger comme fugitifs, soit dans les pays limitrophes ou dans les pays lointains, ils sont tous devenus des criminels infréquentables sans aucune distinction ! Constat : comme l'a bien résumé un témoin avec amertume, ils se sont tout simplement « faits roulés dans la farine » !


1. L'exception culturelle de la « Terreur »


Comme je l'ai déjà fait remarquer ci-dessus, le savoir-faire de la « Terreur » de certains stratèges français remonterait de la Révolution Française. En effet, c'est cet événement historique qui semble constituer l'identité culturelle et politique de la France d'aujourd'hui.

En ce qui concerne la problématique de la violence collective qui nous intéresse, à savoir la commission des crimes de masse et des crimes génocidaires contre les Rwandais, les faits que nous avons observés démontrent l'existence d'un « logiciel » - ou mode opératoire - qui régit la survenue des violences collectives dans lesquelles des Français sont directement impliqués : campagne de diffamation dirigée contre un bouc-émissaire désigné ou un groupe social bien identifié ; harcèlement multiforme ; brimades et autres formes de terreur ; falsification des données et des informations pour nuire aux victimes ; accusations sans fondement pour nuire à la réputation des victimes ; etc. Le but poursuivi : préparer l'opinion au passage à l'acte final, à savoir l'élimination physique de la personne ou du groupe social tout entier.

Résultat : il y a des victimes, mais, il n'y a pas de coupables ! Ou bien, même là où tel ou tel coupable est désigné, il s'agit le plus souvent d'un sous-fifre ! En effet, étant donné que le crime est multiforme et implique plusieurs individus – voire même tout le corps social, l'extermination et/ou l'élimination physique des victimes se fait sous le couvert de l'anonymat dans la foule ! Voilà le résultat du savoir-faire de la « Terreur », une terreur de proximité dont les planificateurs agissent sous le couvert de l'anonymat de la foule ! Ce mode opératoire est différent de celui des « chambres à gaz » des Nazis car, compte tenu de la hiérarchie militaire de ces derniers, les responsables ont été très vite identifiés.

Ainsi, les actes criminels dont je suis victime depuis 2006 et les crimes génocidaires qui ont été commis au Rwanda présentent des similitudes indiscutables :

- Désignation de « boucs-émissaires » à partir de fausses informations ;

- Production et usage de faux documents pour rendre crédibles différentes affirmations dilatoires ;

- Chasse à l'homme jusqu'au domicile des victimes, en s'appuyant sur des personnes proches ou des voisins : ce mode opératoire vise à préparer l'opinion publique à l'étape ultime de la violence ;

- Étape ultime : passage à l'acte, attaque armée directe visant à détruire la victime et ses biens matériels.


2. L'éternel retour !


Dans « Au-delà du principe de plaisir »20, Freud décrit « la compulsion de répétition » comme étant « l’éternel retour », la répétition inconsciente des expériences traumatiques du passé.

A partir de cette découverte clinique, Freud découvre en même temps que la vie psychique, « au-delà du principe de plaisir », peut rechercher – de façon répétitive et quasi-masochiste – une expérience qui a procuré le « déplaisir ».

Ainsi, en s'acharnant sur des Rwandais aujourd'hui en 2015, certains Français auraient nécessairement des tourments et/ou des traumatismes inconscients du passé à exorciser !

Dès le début en 2006, j'avais déjà constaté la similitude des crimes dont je suis victime en France et certains crimes génocidaires qui ont été commis au Rwanda en 1994. Cependant, le point culminant de ces actes fut l'attaque à mains armées et en bandes organisées de mon logement à deux reprises : le 07 février 2013 et le 04 décembre 2014.

Déjà en 1994, non seulement des vies humaines ont été brisées par des criminels génocidaires, mais aussi, les biens des victimes furent détruits par les mêmes génocidaires. Je sais très bien de quoi je parle car, après avoir massacrés leurs occupants, des biens qui appartenaient à ma famille au Rwanda furent détruits dans les environs de Kigali. En même temps, d'autres criminels massacraient des membres de ma famille biologique à l'est du pays.

Or, en 2014, des criminels en France suivent le même schéma : ce n'est pas seulement la « tête » d'un Rwandais qui intéressent ceux qui me pourchassent, mais aussi les lieux où j'habite ! Comme je l'ai indiqué dans le courrier-plainte adressé au Procureur de la République – courrier dont j'ai fait mention dans la partie précédente –, lors de la deuxième attaque du 04 décembre 2014, les malfaiteurs n'ont même pas sonné à la porte pour vérifier si j'étais présent : directement, sans vérifier, ils se sont attaqués à la porte pour la détruire afin de pénétrer à l'intérieur de mon logement par effraction !

Par conséquent, la haine contre les Rwandais – ce que j'appelle l'« antirwandité » – a déjà atteint des sommets à tel point que même des biens matériels qui ont un rapport avec les Rwandais dérangent, excitent la rage et la pulsion de destruction chez nos bourreaux ! Une telle rage, une telle pulsion de mort, une telle haine de destruction sans aucune possibilité de faire recours à la pensée, un tel passage à l'acte répétitif, c'est ce que S. Freud a désigné comme étant la « compulsion de répétition ».


La pulsion de mort


La Terreur de certains stratèges français dirigée contre nous Rwandais illustre parfaitement la théorie freudienne sur la pulsion de mort :

En complément à sa théorie sur la compulsion de répétition est ses symptômes, S. Freud a formulé une autre hypothèse selon laquelle chez l’être humain, deux forces pulsionnelles s’opposent : la « pulsion de vie » et « la pulsion de mort ». La première est vitale et contribue au progrès créatif, tandis que la seconde a pour but la destruction, l’anéantissement de la vie et du progrès culturel.21

En s'acharnant sur nous Rwandais, nos bourreaux ne manquent pas d'imaginations : dès que vous dénoncez tel ou tel acte illicite, dès que vous dénoncez une information ou un faux document qui vise à nuire à votre personne ou à vos intérêts, dès que vous contestez telle ou telle décision administrative qui constitue un déni de Droits à votre égard, presque immédiatement, une autre affaire surgit dans une autre administration à votre encontre !

Ainsi, d'affaires en affaires, de faux documents en nouveaux faux documents produits pour nuire à la victime, de la diffamation à la calomnie et inversement, l'État mobilise toutes ses ressources pour maintenir sa victime en situation de conflits permanents : soit avec les différentes institutions administratives de l'État, soit avec les partenaires privés de l'État – ceux-ci agissent sous le statut de « petits exécutant », comme ce fut le cas pendant le génocide au Rwanda en 1994. Les différents documents que j'ai présentés dans la 3ème partie le démontrent parfaitement.

A côté des violences insidieuses de l'administration, il existe une autre forme de violence directe que je qualifierais de « torture morale et psychologique » : des attaques verbales publiques et diffamatoires au quotidien, des injures racistes et des actes répétitifs de harcèlement – comme la non-distribution sélective du courrier, par exemple. J'ai en ma possession plusieurs enregistrements audio et vidéos : je les ai remis à la Justice plusieurs fois. Mais, selon les Juges et la Police, ces enregistrements seraient « inintelligibles » ! J'ai cité mon agresseur principal auprès d'un tribunal d'instance pour qu'il assume sa responsabilité civile : il n'a jamais été convoqué pour s'expliquer !

Pour toutes ces raisons, en plus des attaques qui visent directement les moyens de ressources existentielles, le but recherché par nos bourreaux est celui de « tuer en silence », de s'acharner sur la victime pour l'assassiner au moyen d'une guerre psychologique multiforme, longue et silencieuse, sans que cela ne puisse être considéré comme une atteinte à la vie privée et/ou aux droits fondamentaux de la personne.

(...)


3. Crimes économiques
et terreur socioprofessionnelle


Conformément aux différentes preuves matérielles que j'ai présentées dans la partie précédente, dès que j'ai refusé d'abandonner mon sujet de thèse doctorale en 2006, l'État Français a mobilisé toutes ses ressources pour m'attaquer directement mais de manière à ne pas éveiller un quelconque soupçon qui permettrait de faire le lien entre ces attaques et mes recherches universitaires.


Un nouveau « matricule » de la mort ?


D'après les témoignages des victimes de la Shoah et les récits qui nous sont parvenus de la part des historiens, les Nazis utilisaient des « matricules » pour identifier individuellement leurs victimes. Ainsi, derrière un chiffre, la personne n'existait plus aux yeux des criminels : une fois que la victime était symboliquement assassinée, ses bourreaux s'arrangeaient avec un numéro ! Par la suite, l'élimination physique ou le massacre effectif de la personne n'était plus qu'une simple formalité !

Étant donné que les premières attaques dont j'ai été directement victime concernaient mon emploi [c'était en 2006, j'étais salarié dans un Foyer de Jeunes en difficultés à Versailles], cette expérience a immédiatement attiré mon attention : à partir des scènes de violences dont j'étais la cible dans ce Foyer, j'ai commencé à faire très attention à tous les détails concernant mes activités et mes relations socioprofessionnelles. Ainsi, j'ai très vite remarqué la répétition des faits suivants :

Dès qu'un employeur m'embauchait, tout se passait bien jusqu'à la fin de la période d'essai. Puis, une fois que l'employeur officialisait mon contrat de travail auprès des instances de la Sécurité Sociale, sans tarder, les problèmes de harcèlement commençaient pour m'obliger à démissionner où à me faire licencier. Sans aucun doute, mon identifiant de Sécurité Sociale sert d'indicateur à mes bourreaux : dès que je suis localisé dans tel ou tel service administratif de l'État, dans telle ou telle entreprise, une opération de « chasse à l'homme » est immédiatement déclenchée ! Les exemples sont multiples et j'en ai fourni des preuves [dans la partie précédente] au sujet de ma dernière activité salariée en 2011.

(...)


4. Le « cerveau » du génocide au Rwanda


Compte tenu des différents témoignages que j'ai déjà cités, compte tenu de la similitude des actes génocidaires qui ont été commis au Rwanda et les crimes dont je suis victime en France depuis 2006, il n'y a aucun doute possible :

Le « cerveau » des actes actuels – actes dont je suis personnellement victime –, c'est le même « cerveau » qui a planifié le génocide au Rwanda en 1994. Ceci expliquerait pourquoi, en 2006, un fonctionnaire de l'État a essayé de me dissuader pour abandonner mon sujet de thèse : mon hypothèse c'est que, avant cette tentative de dissuasion, il avait été contacté par certains « milieux » concernés par l'histoire récente du Rwanda qui ne souhaitent pas que l'on « fouille » dans un passé à hauts-risques pour leur conscience, pour leur responsabilité civile et/ou pénale et pour leurs intérêts.


Les démons de l'ethnisme toujours à l'œuvre !


Qui aurait pu penser que nous serions pourchassés, même ici en France, tout simplement à partir de l'idéologie des pseudos ethnies comme au Rwanda en 1994 ?

Pourtant, au début des attaques dont je suis victime, en 2006, les agresseurs me reprochaient d'avoir refusé de dire si j'étais Hutu ou Tutsi ! Ces attaques ethnocentriques ont eu lieu dans un Foyer pour des jeunes en difficultés ou je travaillais à l'époque. Ayant protesté contre ces agressions gratuites, mon employeur a tout simplement pris parti en faveur de mes adversaires ! Comme je considérais que ma vie était en danger, j'ai préféré ne plus me rendre au travail et j'ai demandé à mon employeur de me muter dans un autre foyer, ou bien, de me confier une autre responsabilité au sein de la même institution. Ma demande fut rejetée et j'ai été licencié.

La suite, je l'ai décrite à travers les différentes « pièces à conviction » de la partie précédente.

Il n'y a aucun doute, en 2015, la « chasse à l'homme » contre nous continue : tout simplement, parce que nous sommes Rwandais ; tout simplement, parce que nous cherchons à comprendre la nature des circonstances qui ont déclenché le génocide au Rwanda en 1994. Cette haine dirigée contre nous est de la même nature que l'antisémitisme : il s'agit de l'« antirwandité ».

18 P. Vidal Naquet, 1980 et 1987, cité par KAËS R., texte : « Ruptures catastrophiques et travail de la mémoire », in PUGET J. et all., Violence d'État et psychanalyse, op. cit., ibid.

19 Ibid.

20 FREUD S., (1920), texte « Au-delà du principe de plaisir », in Œuvres complètes XV 1916 – 1920, Paris, PUF, 1996, pp. 292 – 293.

21 FREUD S., (1930), Le Malaise dans la culture, Paris, PUF, 2000, p. 64.


1234567891011

Déogratias SEBUNUMA
Psychologue clinicien - Auteur

Titulaire du Doctorat de
 
«Recherche en psychopathologie
fondamentale et psychanalyse
»

Psychopathologie
Descriptive II


Synthèse

Commander

Le Jugement
de l'Histoire


Synthèse

Commander

Le génocide
au Rwanda


Synthèse

Commander

Essai sur
l'autosuggestion


Synthèse

Commander

Psychopathologie descriptive I
Essais
sur les violences collectives

Synthèse

Commander

Communautarisme
et autochtonie –
Du cas du Rwanda
à l'universel

Synthèse

Commander

Rwanda :
crimes d'honneur
et influences régionales

Synthèse

Commander

Rwanda :
crise identitaire
et violence collective

Synthèse

Commander

La compulsion
de répétition
dans les violences collectives

Synthèse

Commander

La compulsion
de répétition
dans les violences collectives

Rwanda :
crise identitaire
et violence collective
Cet ouvrage est désormais édité par
les EDITIONS UMUSOZO