ÉDITIONS UMUSOZO
 2. Deuxième hypothèse


L'accusation dirigée contre l'entourage du feu président rwandais
J. Habyarimana


C'est le Front Patriotique Rwandais et certains rescapés du génocide de 1994 au Rwanda qui ont formulé cette accusation dans un premier temps. Par la suite, d'autres « militants » de Droits de l'Homme, certaines associations et même certains États ont adhéré à cette thèse. En résumé, le contenu de l'acte accusatoire est le suivant : le feu président rwandais J. Habyarimana aurait été tué par les siens car il avait accepté de partager le pouvoir avec le Front Patriotique Rwandais en signant les Accords de paix d'Arusha en 1993. Le point le plus étonnant, c'est que même l'épouse du feu président rwandais J. Habyarimana est directement accusée d'avoir une responsabilité dans la commission du même attentat et dans la planification du génocide de 1994 au Rwanda.

Néanmoins, la thèse ci-dessus présentée est tout aussi discutable comme la première :

Le premier point qui devrait attirer l'attention de n'importe quel observateur, c'est la liste des personnalités politiques et militaires qui ont été tuées dans le même attentat du 06 avril 1994 ; sans oublier les dirigeants politiques de la communauté idéologique Hutu qui ont été, eux aussi, assassinés dès le début du génocide. Ainsi, au cas où l'entourage du feu président rwandais J. Habyarimana aurait planifié l'attentat du 06 avril 1994 pour commettre un génocide, il serait difficile - voire même impossible - d'accuser les dirigeants Hutu de l'époque d'avoir planifié le même génocide. Car, tous les membres influents du « cerveau » de l'Akazu - l'entourage du feu président J. Habyarimana - ont été tués avec lui dans l'attentat du 06 avril 1994. Et dès le 07 avril 1994, plusieurs hauts dirigeants Hutu de l'opposition furent massacrés avec leurs familles. Autrement dit, ce seraient des « malfaiteurs », en dehors du pouvoir en place au moment des faits, qui auraient planifié et l'attentat contre J. Habyarimana et l'assassinat des dirigeants Hutu de l'opposition !

Le deuxième point concerne le cas de la veuve du feu président rwandais J. Habyarimana : elle aurait une responsabilité dans l'attentat du 06 avril 1994 contre son mari ; elle aurait aussi planifié le génocide.

Compte tenu de ce qui s'est passé au Rwanda, tout est possible. Mais, personne n'est obligée de croire et/ou d'adhérer à toutes les hypothèses et à toutes les accusations sans réfléchir !

Au sujet des accusations formulées contre la veuve du feu président rwandais J. Habyarimana, je me permets de faire deux observations :

La première observation, admettons que la veuve du feu président rwandais aurait une responsabilité au sujet de la mort de son mari. Sur ce point, notre question est la suivante : pour quelle raison ? Selon certains commentateurs, le motif serait « le pouvoir » ! Comment aurait-elle conquis plus de pouvoir en dehors de son rôle de « Première Dame » du pays et, à quel pouvoir pouvait-elle aspirer sans l'influence permanente de ses frères - en particulier le Colonel E. Sagatwa qui a été tué dans le même attentat du 06 avril 1994 ?

La deuxième observation concerne la planification du génocide : lors de mes différentes enquêtes pour comprendre les circonstances de la survenue du génocide au Rwanda en 1994, j'ai appris, par différentes sources, que les militaires rwandais et étrangers se seraient rendus à la résidence du feu président rwandais J. Habyarimana juste après l'attentat. D'ailleurs, certains corps des victimes du même attentat seraient tombés dans le jardin de la résidence présidentielle. D'après certains témoins, plusieurs militaires rwandais et étrangers seraient arrivés à la résidence présidentielle dans moins de 15 minutes. En effet, le Camp Militaire de Kanombe était situé à quelques mètres de la même résidence et c'est dans ce camp militaire que résidaient les différents corps de l'armée régulière ainsi que des « instructeurs » étrangers.

Ainsi, c'est en particulier les soldat français qui se seraient chargés de protéger la famille du feu président J. Habyarimana dès les premières minutes après l'attentat du 06 avril 1994. Compte tenu de la situation, les mêmes soldats français auraient évacué la famille du feu président J. Habyarimana vers Bangui (République Centrafricaine), puis vers Paris en France. L'évacuation en question aurait eu lieu le 09 avril 1994, soit trois jours après l'attentat du 06 avril 1994 et le déclenchement du génocide.

Pour toutes ces raisons, au cas où la veuve du feu président rwandais aurait planifié le génocide, elle l'aurait fait soit avant la date du 06 avril 1994, soit après cette date. Mais, certains faits historiques rendent cette hypothèse discutable :

D'une part, avant le 06 avril 1994, l'épouse du feu président rwandais J. Habyarimana n'avait aucune activité politique officielle au Rwanda. J'ai moi-même grandi dans la ville de Kigali mais, j'aurais pu la croiser dans la rue sans pouvoir la reconnaître ! C'est seulement dans l'après-génocide, sur la couverture des journaux, que j'ai découvert les photos de l'ancienne « Première Dame » du Rwanda ! Ainsi, il serait difficilement soutenable, du point de vue politique et historique, que la veuve du feu président rwandais J. Habyarimana aurait planifié le génocide au Rwanda avant le 06 avril 1994.

D'autre part, l'hypothèse selon laquelle la veuve du feu président rwandais J. Habyarimana aurait « planifié » le génocide après l'attentat du 06 avril 1994 est aussi discutable : En effet, tous les témoignages affirment que dès le soir du 06 avril 1994, la famille du feu président J. Habyarimana aurait été placée sous la protection des militaires français présents au Rwanda, dans le cadre des accords de coopération militaires entre la France et le Rwanda. Selon certaines sources, d'autres militaires français seraient arrivés de Bangui, dans les heures qui ont suivi l'attentat, pour protéger la famille du feu président rwandais J. Habyarimana et les ressortissants français qui vivaient au Rwanda.

Comme nous l'avons déjà indiqué, par la suite, l'évacuation de la famille du feu président rwandais J. Habyarimana aurait été prise en charge par la France, via la ville de Bangui en République Centrafricaine. A partir de tous ces éléments historiques incontestables, il est très difficile d'expliquer comment la veuve du feu président rwandais J. Habyarimana aurait pu planifier un génocide sans que ses « protecteurs » - les soldats français - s'en aperçoivent ! Pis encore, au cas où la veuve du feu président rwandais J. Habyarimana aurait planifié le génocide après le 06 avril 1994 - alors qu'elle était placée sous l'entière protection officielle de la France -, dans ce cas précis, l'État français aurait une responsabilité indiscutable dans la survenue du même génocide de 1994 au Rwanda !

Pour conclure sur ces différentes hypothèses au sujet des responsabilités concernant l'attentat du 06 avril 1994 et la survenue du génocide au Rwanda, mon point de vue est le suivant : le Front Patriotique Rwandais et le camp des proches du feu président rwandais J. Habyarimana - sans oublier les « soutiens » de chaque camp respectif, s'accusent mutuellement pour des intérêts politiques.

Toutefois, en ce qui concerne la veuve du feu président rwandais J. Habyarimana et compte tenu du recul que nous avons sur ces événements de 1994, nous pourrions nous demander si elle ne serait pas devenue un « témoin gênant » pour tous ceux qui auraient des responsabilités sur la conscience. Cela quelle que soit l'appartenance idéologique, politique et diplomatique des différents protagonistes du génocide au Rwanda en 1994.

En définitive, les différentes accusations mutuelles entre les deux camps - et leurs soutiens respectifs - constituent une « nouvelle arme de guerre » : après le génocide par la machette, c'est désormais le temps d'un génocide « civilisé » au moyen des procès !

L'on ne peut pas demander aux Rwandais de se réconcilier alors que, en même temps, tout est fait pour les diviser !

Chapitre IV. L'« ANTIRWANDITÉ »

A côté de l'antisémitisme, il existe un phénomène raciste nouveau : l'« antirwandité » !

Remarque importante : même si nous ne pouvons pas nous taire devant des situations de haine raciste, j'invite mes futurs lecteurs à ne pas confondre des groupes de malfaiteurs avec tout un peuple, avec tel ou tel pays où les actes d'« antirwandité » sont commis : un peuple ne peut pas être réduit à un groupe de malfaiteurs, quelle que soit l'influence que ces derniers pourraient exercer sur des personnes influençables et sur différentes institutions.


1. L'étiologie du phénomène d'« antirwandité »

Dans ma thèse de Doctorat déjà citée, j'ai formulé une observation sur ce sujet :

Pour certains idéologues rwandais, il n’existe qu’un seul peuple, « une seule ethnie », celle des Rwandais tout simplement. Sur ce point, des expatriés rwandais m'ont témoigné que la Constitution actuelle du Rwanda confirmerait la même thèse selon laquelle il n'y a qu'un seul peuple rwandais : les divisions ethniques seraient bannies et punies par la Loi. Ce qui est plutôt louable et très encourageant pour un pays qui sort d’un conflit de génocide.

Or, lorsque les mêmes idéologues rwandais et leurs sympathisants étrangers parlent du génocide de 1994, le discours change : on désigne les coupables, les complices du génocide, un génocide ethnique qui a visé « les Tutsi. » S'en suivent alors diverses revendications pour ce « préjudice » subi par un groupe ethnique. Et les milliers de Rwandais « Hutu », eux aussi victimes du même génocide en 1994, où sont-ils passés ? Ah ! Les « spécialistes » sur le Rwanda, eux, on trouvé mieux : il s'agit d'un génocide ethnique qui a visé des « Tutsi » et des « Hutu modérés » ! Par déduction, des Rwandais tout simplement. Sinon, il existerait une quatrième ethnie au Rwanda, celle des « Tutsi et des Hutu modérés », pour continuer à soutenir l'hypothèse d'un génocide ethnique.

Si les « Tutsi » et les « Hutu modérés » ont été massacrés par les mêmes criminels et dans des conditions similaires, sans se soucier de leur éventuelle appartenance à telle ou telle communauté « ethnique », cela veut dire que « l'ethnie » ne suffisait pas pour être épargné des massacres. Il y aurait plutôt un autre motif qui concernerait toutes les victimes sans distinction, à savoir des rivalités politiques. Non ! Non ! Celui qui tire cette conclusion logique devient, de facto : négationniste, révisionniste, équilibriste, divisionniste, complice du génocide ! Au fait, une question se pose : si les génocidaires appartenant à la communauté des Hutu ont utilisé le critère d'ethnie pour massacrer des Rwandais, quel a été le critère du Front Patriotique Rwandais dans les massacres qu'il a lui-même commis ?

Certes, des extrémistes ont construit des théories idéologiques et criminelles concernant de pseudos différences morphologiques et intellectuelles entre « Hutu » et « Tutsi » au Rwanda et au Burundi. Mais, personne n'est obligée de les croire ! Sauf ceux qui en ont des intérêts cachés, bien entendu.

De la même façon, du côté des nouveaux exilés rwandais à l’étranger, dont plusieurs se déclarent « Hutu », il y en a qui tirent un certain « bénéfice » du génocide de 1994 au Rwanda : en effet, certains Rwandais appartenant à l’idéologie « Hutu » se vantent d’être des « modèles » ou des « héros », pour avoir « sauvé » tel ou tel individu, telle ou telle famille pendant le génocide ! D’autres s'arrogent le titre héroïque et pompeux de « modérés », souvent pour des raisons narcissiques, voire même pour des raisons d’intérêts divers :

En effet, certains exilés rwandais se livreraient à la délation, le plus souvent sans preuves, et désigneraient tel ou tel individu comme bouc émissaire ! D’autres profiteraient de la délation pour avoir des papiers dans les pays d’accueil ou même pour obtenir des faveurs matérielles.

Chez certains étrangers aussi, la division ethnique des Rwandais ne manque pas d'intérêt. Pour s'en rendre compte, il suffirait d'observer ce qui se passe actuellement dans la région des Grands-Lacs d'Afrique. A partir du conflit entre les différentes idéologies chez les Rwandais, cette région est devenue le champ de bataille, le plus souvent pour des intérêts économiques.

Cependant, un autre point concernerait tout simplement le racisme et la haine : pour discriminer un Rwandais, c'est plus facile de se servir des divisions politiques et ethniques entre les Rwandais eux-mêmes. Ainsi, il n'est pas rare d'entendre la question : « êtes-vous Hutu ou Tutsi » ? Certes, dans la plupart des cas, cette question est posée aux Rwandais de manière spontanée. Mais, dans certaines situations, il arrive que cette même question sur l'identité ethnique d'un sujet Rwandais ou d'origine rwandaise soit posée sur le lieu de travail, à l'issue d'un entretien d'embauche ou lors des démarches administratives. A partir des témoignages que j'ai pu recueillir auprès des Rwandais, la réponse donnée à cette question d'identité ethnique est souvent lourde de conséquences :

Être « Hutu », pour ceux qui veulent attiser la haine, ce serait « être naturellement mauvais, bourreau, criminel » ! Dans les années qui ont suivi le génocide au Rwanda en 1994, être « Tutsi » signifiait « être victime » et cela inspirait plutôt de la pitié chez certains étrangers. Ce qui ne manquait pas d'ailleurs de gêner les Rwandais « Tutsi » eux-mêmes : inspirer de la pitié chez les autres, ce n'est jamais gratifiant pour personne ! Or, 20 ans après le génocide au Rwanda, surtout suite aux différentes guerres que le Rwanda a menées en République Démocratique du Congo, être « Tutsi » signifierait chez certains adversaires des Rwandais : « être arrogant, hégémoniste, envahisseur, dominateur, etc. » ! Enfin de compte, c'est l'image de l'identité rwandaise qui est attaquée tout simplement.


2. L'« antirwandité », une conséquence du génocide au Rwanda de 1994

Dans l'après-génocide au Rwanda en 1994, le phénomène d'« antirwandité » a vu le jour ; en particulier dans certains pays limitrophes du Rwanda :

Déjà, le 07 avril 1994, le lendemain de l'attentat contre l'avion présidentiel au Rwanda, les premiers signes publics de l'« antirwandité » ont été observés à l'est du Zaïre - qui est devenu « République Démocratique du Congo ». En effet, dans la ville de Bukavu où je résidais à cette époque, dès le matin du 07 avril 1994, des barrières avaient été dressées et des groupes de personnes excitées prononçaient des discours de la haine à l'encontre des Rwandais « Tutsi » : ceux-ci étaient publiquement accusés - en tant que communauté - d'être des auteurs dudit attentat du 06 avril 1994 !

Plus tard, cette colère spontanée s'est transformée en une véritable idéologie de la haine.

Lors de mon voyage vers la République Centrafricaine, en 1995, j'ai assisté à une scène indescriptible :

Dans la localité de Walikale, nous avons rencontré une femme et deux enfants en bas âge. Plus loin, à une centaine de mètres environ, nous avons croisé une foule immense qui poursuivait cette femme et ses deux enfants. Les Zaïrois qui voyageaient avec nous ont voulu savoir ce qui se passait. En guise de réponse, des voix se sont levées au sein de la foule pour crier : « Ce sont des Watusi ! Qu'ils retournent chez-eux ! Ils apportent la guerre chez-nous, qu'ils rentrent chez-eux ! »

Lorsque nous sommes arrivés au centre-ville de Walikale, les Zaïrois qui voyageaient avec nous ont proposé d'aller chercher un endroit pour se loger dans l'attente d'un véhicule qui allait nous transporter vers la ville de Kisangani. L'un d'eux avait une famille dans la ville de Walikale ; il nous a proposé d'aller dormir chez ses parents.

Dès que la famille dudit Zaïrois nous a vus (nous étions trois Rwandais), elle n'a pas caché son embarras et nous a demandé : « Vous êtes Banyarwanda ? » Nous avons répondu que « oui ». Une discussion a immédiatement commencé - dans la langue locale - entre nos hôtes et ceux qui nous y avaient invités. A la fin de la discussion, l'un d'eux nous dit : « Il semble que les Rwandais ne sont pas les bienvenus dans cette ville. La famille accepte de nous héberger mais, vous ne devez pas sortir de la maison jusqu'à ce que le camion vienne nous chercher pour partir. Surtout, parlez uniquement en Français ou en Swahili pour ne pas attirer l'attention des voisins ! La famille ne veut pas avoir des histoires ! » Les collègues Zaïrois sont sortis, pour aller s'informer en ville sur la situation. En fin d'après-midi, ils sont revenus et nous ont communiqué : « la femme que nous avons rencontrée ce matin, elle a été tuée par la foule ainsi que ses deux enfants ».

Le lendemain, nous attendions le camion pour partir. Mais, le véhicule n'est pas venu. C'est seulement après trois jours qu'on est venu nous chercher pour partir. Cependant, pour ne pas attirer l'attention, nous avons été obligés de prendre des précautions particulières : l'un de nos collègues Zaïrois nous a accompagnés à pied ; nous avons traversé la ville à pied et le camion nous a rejoint à environ cinq kilomètres en dehors de la ville !

A partir de 1996, certaines victimes d'hier sont devenus à leur tour des bourreaux: certains Congolais (ex-Zaïrois) d'origine rwandaise sont devenus des alliés du nouveau pouvoir au Rwanda et on participé à la traque et à la « chasse à l'homme » contre les réfugiés rwandais à travers la forêt équatoriale d' »une part, et contre les populations congolaises d'autre part.

Ainsi, après le génocide au Rwanda de 1994, le monde entier a fermé les yeux, une nouvelle fois, devant des massacres de nature génocidaire. Après tout, que ce soit au Rwanda ou à l'étranger, du moment où les victimes sont des Rwandais, cela ne semble déranger personne ! Cette indifférence récurrente devant les crimes de masse contre les Rwandais - quelle que soit leur appartenance politique et/ou idéologique-, ce « laisser faire » relèverait d'un phénomène nouveau d'« antirwandité ».


3. Les formes nouvelles de l'« antirwandité »

L'« antirwandité » n'est pas un phénomène raciste réservé à certains pays limitrophes du Rwanda. Même en Europe, comme je l'ai déjà signalé au début du présent chapitre, il existe différentes formes d'« antirwandité ». Évidemment, le phénomène est beaucoup plus discret et il n'est pas généralisé comme dans la région des Grands-Lacs d'Afrique.

En effet, en Europe aussi, les Rwandais sont obligés de décliner leur « appartenance ethnique » pour se faire accepter dans certains milieux. De ce point de vue, le problème est beaucoup plus complexe par rapport à la situation des pays des Grands-Lacs d'Afrique : en Europe, ceux qui soutiennent la communauté idéologique des Hutu ne le disent pas publiquement, ceux qui soutiennent l'idéologie de la communauté des Tutsi le cachent tout autant ! Pour cela, lorsqu'un Occidental pose la question de savoir à quelle « ethnie » tel ou tel Rwandais appartient, celui-ci est le plus souvent dans l'embarras car, il ne peut pas savoir la préférence « ethnique » de son interlocuteur par rapport au Rwanda !

Malheureusement, l'« antirwandité » concerne désormais tous les secteurs de la vie : le travail, le logement, les relations socioculturelles, etc.

A tous ces aspects ci-dessus décrits, il est important de dénoncer une autre forme d'« antirwandité » qui est plus grave et très inquiétante :

Suite aux différentes affaires judiciaires en cours au sujet du génocide au Rwanda de 1994, dès que tel ou tel Rwandais est considéré comme « bouc émissaire » et/ou « témoin gênant », il est directement attaqué, traqué, pourchassé, diffamé ! Le phénomène concerne désormais mêmes des Rwandais qui ne vivaient pas au Rwanda pendant le génocide de 1994 et ceux qui étaient très jeunes ou qui sont nés après cette date ! Car, mis à part le fait d'être « témoin gênant » du génocide de 1994, les professionnels de certaines activités - intellectuelles, associatives, culturelles, etc - sont aussi concernés par la « chasse à l'homme » dès lors qu'ils soulèvent des questions liées au calvaire des Rwandais ! Ce qui est inquiétant c'est que, dans ces affaires de nature criminelle, les nouveaux « bourreaux » des Rwandais appartiennent à toutes les couches de la société sans distinction : dans certains pays en particulier, la « chasse à l'homme » contre des Rwandais « indésirables » est devenue une véritable « guerre patriotique » !

Voici un exemple qui illustre nos observations :

Il pourrait exister ici ou là, en France, un boulevard M. Gandhi, une avenue M.-L. King, voire même une rue N. Mandela. Évidemment, tel ou tel lecteur attentif me dirait : « c'est normal, nous sommes au Pays des Droits de l'Homme, non ? » Mais, le mythe correspond-il à la réalité ?

En France, depuis 7 ans , après avoir été victime d'une escroquerie, un Rwandais a refusé de payer gratuitement de l'argent aux malfaiteurs « tout-puissants » ! Sans aucune gêne, ces derniers ont assigné le Rwandais en Justice et ont activé leurs « réseaux d'influences » et de harcèlement.

Dans un premier temps, le Rwandais fut harcelé dans ses activités professionnelles, jusqu'au sein de l'entreprise où il était salarié ; ensuite, le harcèlement a concerné son logement ; enfin, les attaques contre le même Rwandais se sont étendues à tous les secteurs de sa vie privée : désormais, des insultes racistes étaient régulièrement proférées contre lui derrière la fenêtre de son logement, son compte bancaire a été bloqué puis définitivement fermé sans aucun motif, certains de ses dossiers administratifs ont été falsifiés pour le harceler et le salir au moyen de faux documents, une partie de son courrier était retourné aux expéditeurs avec la mention « n'habite pas à cette adresse », etc.

Même la Police s'est mise à harceler la même victime au moyen des convocations dont les procès verbaux ont été classés sans suite : dès qu'il dépose une plainte, c'est lui qui est convoqué pour « être entendu » !

Afin de condamner ledit Rwandais à tout prix, lors du procès engagé contre lui par ses bourreaux, un tribunal a remplacé son avocat - qui avait tout le dossier - par un autre avocat qui n'avait aucun élément du dossier !

Après avoir été condamné gratuitement, le même Rwandais a été pourchassé par un commando d'huissiers, jusqu'à son domicile ! Or, la victime avait déjà fait appel du Jugement et avait dénoncé la « parodie de justice » par laquelle il avait été condamné.

Comme si tout cela ne suffisait pas, lorsque le Rwandais venait de former l'appel du Jugement, un nouveau commando a « visité » son domicile en son absence. Et lors de cette intrusion au domicile du Rwandais, le commando a détruit la porte de son appartement en pleine journée ! Avant de partir, le commando a laissé dans la chambre de la victime un document portant les références du jugement parodique dont le Rwandais avait déjà fait appel ! Au sujet de cette attaque criminelle, d'autres questions demeurent : le logement est situé dans un bâtiment dont l'accès est sécurisé par un code ; ce jour là, le gardien d'immeuble était présent sur les lieux mais, il assure n'avoir rien vu ni entendu ! Pourtant, compte tenu des dégradations constatées, les malfaiteurs ont nécessairement utilisé du matériel lourd - qui a généré du bruit - et ils ont dû rester longtemps pour détruire la serrure de la porte !

Chaque fois qu'arrive l'échéance de formuler les conclusions dans l'affaire qui nous intéresse, les différents avocats de la victime se désistent après avoir encaissé tout ou partie des frais d'honoraires ! Afin de décliner toute responsabilité, les deux derniers avocats déclarent que leurs cabinets respectifs sont en « liquidation judiciaire » ! Tout récemment, dans le cadre de l'appel formé par le Rwandais, ses adversaires ont engagé un nouveau « bataillon » d'avocats : ceux-ci, sans hésiter, ont tout simplement produit et présenté à la Justice de faux documents pour faire condamner à nouveau le Rwandais à tout prix ! Or, ces nouveaux faux documents sont en contradiction avec le dossier déjà existant ! Mais, cela ne semble déranger personne !

Dans le cadre de l'une des plaintes déposées par la victime, un Juge d'Instruction a rendu une ordonnance selon laquelle les bourreaux de la victime seraient influencés par la personnalité et les origines de cette dernière ! Autrement dit, c'est la victime qui serait coupable selon le tribunal, ce ne sont pas les malfaiteurs ! Le Rwandais, victime cette fois-ci du pouvoir judiciaire, a fait appel de cette ordonnance de la honte ! La Cour d'Appel concernée par cette affaire a jugé l'appel « irrecevable » car, selon la réponse écrite de la même juridiction, l'ordonnance-même qui avait fait l'objet d'appel ne serait pas conforme à la Loi !

Tous ces événements sont connus par différentes instances administratives, judiciaires et policières ! Mais, étant donné que la victime est un Rwandais, tout cela est « légal » ! En effet, jusqu'à ce jour, toutes les plaintes pénales de la victime ont été « classées sans suite » ! Car, selon la réponse de la Justice qui figurent sur certains courriers, « ces actes ne sont pas punis par la Loi » !

Si de tels actes se produisaient dans un pays pauvre, l'Occident ne tarderait pas à crier au « scandale » !

Constat : après le génocide au Rwanda et la destruction des cases des victimes, nous pensions que le malheur était désormais derrière nous : erreur !

Évidemment, il se pourrait que les actes ci-dessus présentés soient attribués à nouveau aux « Hutu » Rwandais ; car, la chanson accusatoire est désormais connue : tous les malheurs des Rwandais, c'est de la responsabilité des Hutu ! Mais, cette fois-ci, les Hutu Rwandais se seraient métamorphosés et seraient devenus des « Blancs » !

En fin de compte, étant donné les conséquences que cette affaire d'escroquerie a générées, il appert très clairement que le litige commercial constituait, dès le départ, un « projet criminel » pour nuire à la victime ! Et, lorsque le Rwandais a découvert la réalité, ayant refusé de payer gratuitement, le « litige commercial » s'est très vite transformé en une véritable « chasse à l'homme » ! Certains discours prononcés à l'encontre de la victime [enregistrements audio et vidéo à l'appui] concernent explicitement et directement ses origines rwandaises.

Pour toutes ces raisons, dans l'affaire ci-dessus présentée, nous avons affaire à un cas caractéristique d'« antirwandité » : une haine absurde, une violence et une chasse à l'homme qui vise le Rwandais, tout simplement parce qu'il est Rwandais.

Autrement dit, chez certains étrangers, l'appartenance idéologique de tel ou tel Rwandais n'est qu'un prétexte ! Derrière les pseudos ethnies de « Hutu », « Tutsi » et « Twa », il existe un réel phénomène d'« antirwandité » qui présente les mêmes caractéristiques que ceux de l'antisémitisme.

Observation complémentaire : Au sujet du cas du Rwandais ci-dessus exposé, les Tribunaux d'Instance ont été récemment saisis : étant donné que les affaires se multiplient et que les bourreaux jouissent d'une impunité totale sur le plan pénal, la victime a décidé de saisir les Tribunaux de proximité pour engager la responsabilité civile de ses bourreaux. Attendons voir !

Du point de vue général, deux questions importantes demeurent : le mode opératoire utilisé dans les attaques actuelles ressemble étrangement aux circonstances de la survenue du génocide au Rwanda en 1994 : désignation de bouc émissaire, propagande et appel à la haine raciste, discours publics pour manipuler la masse et salir l'ennemi désigné, usage de faux documents pour diffamer et justifier la haine, attaque et dégradation des biens d'autrui, etc. Dans ces conditions, qui pourrait nier l'existence d'un lien de cause à effet entre les actes génocidaires d'hier et les actes d'« antirwandité » ci-dessus présentés ? Comment certains tribunaux qui couvrent des actes de nature criminelle et irréfutables en France pourraient-ils juger, avec objectivité et impartialité, des crimes génocidaires qui ont été commis au Rwanda - crimes dont les preuves matérielles sont très rares pour appuyer le récit des témoins ?66

66 J'ai en ma possession l'ensemble du dossier concernant le Rwandais victime d'attaques multiformes ici en France : toute personne qui désire le consulter pourrait nous contacter par écrit, en précisant son adresse postale et/ou e-mail.


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