ÉDITIONS UMUSOZO
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SEBUNUMA D., Rwanda : Crimes d'honneur et influences régionales, Issy-les-Moulineaux, Umusozo, 2012.


A partir du cas du Rwanda, j'apporte une modeste contribution à l'analyse d'une situation qui est devenue complexe depuis le début du 20ème siècle : l'équation géopolitique des Grands-Lacs d'Afrique.

Première partie

Dans la première partie, je présente plusieurs textes de références sur le contexte historique et sociopolitique du Rwanda depuis le début de l'ère coloniale jusqu'à la période des indépendances en Afrique (1950 – 1960). Le lecteur découvrira, en particulier, les textes historiques des premiers explorateurs occidentaux qui découvrirent la région des Grands-Lacs d'Afrique à la fin du 19ème siècle. Quelques extraits permettent d'illustrer le contenu de cette partie introductive de l'ouvrage :

Le regard des premiers explorateurs européens sur le Rwanda, la politique coloniale qui y fut menée et la gestion calamiteuse de la guerre civile au Rwanda dont la conséquence directe fut le génocide de 1994 - sans oublier la dispersion des rwandais à travers le monde, tous ces éléments nous autorisent à comparer l’histoire récente du pays des Mille Collines au récit biblique de « la tour de Babel » ci-dessus cité.

Comme nous allons le constater à travers les différents extraits des récits historiques, tout a commencé par l’émerveillement des Européens : ils s’attendaient à découvrir l’anarchie et la famine, ils ont découvert un pays certes gouverné par un despote, mais bien structuré sur le plan administratif et autosuffisant du point de vue économique. Ils s’attendaient à découvrir un peuple sans histoire, ils ont découvert une nation riche de traditions, soudée par une langue commune, ayant développé l’artisanat, la poésie, bref la culture moderne tout simplement.

Cependant, l’émerveillement des Européens fut de courte durée : ils étaient venus pour dominer, coloniser et gérer les affaires à leur manière, ils avaient même le droit de châtier ceux qui s’opposeraient à leur dessein !

Quant aux Rwandais, les « chefs » en particuliers, ils se sont enfermés dans leur « tour » et n’ont jamais voulu prendre en compte différentes pressions extérieures qui s’exerçaient sur eux. Cela expliquerait, du moins en partie, l’étiologie des violences collectives qui ont ravagé le pays au cours du 20ème siècle à chaque fin de règne.

Dans la présente recherche, nous allons présenter les différentes phases de l’histoire politique du Rwanda, dès l’arrivée du premier Européen à la guerre civile des années 1990 et ses conséquences historiques : le génocide de 1994, sans oublier la dispersion des rwandais à travers le monde et les massacres dont ils ont été victimes dans toute la région des Grands-Lacs d’Afrique.

Observation préliminaire

Dans les différents textes de référence qui suivent, les noms de personnages ou de lieux cités varient selon les auteurs : en effet, à la fin du 19ème siècle, les langues africaines n’étaient pas encore connues en Europe. Pour cela, l’orthographe des noms et des lieux dépend de ce que tel ou tel explorateur a entendu et la manière dont il l’a transcrit en écriture.

Ainsi, les noms désignant les mêmes personnes ou les mêmes lieux pourraient avoir été écrits de manières différentes selon les auteurs.

1. Les Rwandais selon le Capitaine Speke

Voyage d'exploration de 18611

Les premiers explorateurs européens ont écrit sur le Rwanda à partir des informations recueillies auprès des voisins du Rwanda. En effet, jusqu’au milieu du 19ème siècle, il était difficile - voire même impossible aux étrangers de pénétrer au Rwanda ! Même les esclavagistes, Arabes ou Européens, n’avaient jamais réussi à réduire un quelconque Rwandais en esclavage :

« Les villages rwandais sont extrêmement étendus et peuplés de grands chasseurs. Ils vont en grands groupes à la chasse au léopard. Ils y emmènent de petits chiens et leur attachent des clochettes au cou tandis qu'eux-mêmes soufflent dans des cors. Ils seraient ainsi très superstitieux et n'autoriseraient aucun étranger à pénétrer dans leur pays car voici quelques années, après la venue de quelques Arabes, éclatèrent une grande sécheresse et la famine qu'ils attribuèrent aux influences malignes que ceux-ci avaient pu exercer. Ils les chassèrent de leur pays et dirent qu'ils ne laisseraient plus jamais leurs semblables y entrer... »2.

Nous retrouvons la suite de ce récit passionnant du Capitaine Speke ailleurs :

« Ensuite, au moins pour la région que j'ai parcourue, je distingue, des autres nègres, ceux qui s'appellent les Vouahouma, ou, suivant notre orthographe, les Houmas. J'ai à leur égard fondé une théorie, qui m'est personnelle, sur les traditions, le physique et les usages des peuples que j'ai pu voir. Je crois les Houmas issus des Gallas ou Abyssiniens, que je regarde comme étant de la même race, bien que les premiers soient surtout des pasteurs et les seconds des agriculteurs (…). A mon avis, un clan pasteur, venu d'Asie, a fait prévaloir sa domination en Abyssinie, l'a conservée depuis lors, et, tandis que son teint et ses cheveux se modifiaient par un long mélange avec les nègres, conservait toujours l'élévation des parois du nez comme caractère spécial de son origine asiatique. Ce qui s'est passé dans l'Abyssinie s'est répété ailleurs (…). Les descendants des hommes de cette race qui ont formé l'ancien royaume du Kittéra, à l'ouest du lac Victoria, ont pris plusieurs usages des nègres et ont oublié la plupart des traditions de leurs ancêtres. (…) Tous les États démembrés de l'ancien Kittéra, (…) sont dominés et gouvernés par les Houmas, dont les émigrants font paître leurs troupeaux dans l'Ounyamouési, descendent au sud du lac Roucoua et parviennent, le long de la Malagarazi, sur les rives du lac Tanganyika ; là on les nomme des Tousis (…) »3.

Nul doute que le Capitaine Speke, en rédigeant le récit ci-dessus, fut le premier Européen à formuler des hypothèses ethnographiques concernant les peuples de la région des grands-lacs d’Afrique, ceux du Rwanda en particulier. En même temps, les spéculations du même auteur sur les pseudos-différences ethniques influenceront non seulement les travaux scientifiques de ses successeurs, mais aussi les différentes idéologies politiques dès la fin du 19ème siècle jusqu’à nos jours.

Cependant, remarquons que le Capitaine Speke avait déjà observé un détail très important pour nous observations d’aujourd’hui : « Les descendants des hommes de cette race qui ont formé l'ancien royaume du Kittéra, à l'ouest du lac Victoria, ont pris plusieurs usages des nègres et ont oublié la plupart des traditions de leurs ancêtres ». Tout en parlant des différences morphologiques, l’auteur reconnaît aussi l’existence d’un brassage ethnique observable.

1SPEKE, Die Entdeckung der Nilquellen, Reisetagbuch, Leipzig, 1864, pp. 255 et 264, cité in DELFORGE J., Le Rwanda tel qu'ils l'ont vu, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 14.

2Ibid.

3BELIN-DE-LAUNAY J., Les sources du Nil, voyage des capitaines Speke et Grant, abrégé d'après la traduction de E. D. Forgues, sixième édition, Paris, librairie Hachette et Cie, 1887, pp. 305 - 308, in DELFORGE J., Le Rwanda tel qu'ils l'ont vu, op. cit., pp. 15 - 16.

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Déogratias SEBUNUMA
Psychologue clinicien - Auteur

Titulaire du Doctorat de
 
«Recherche en psychopathologie
fondamentale et psychanalyse
»

Psychopathologie
Descriptive II


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Le Jugement
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